Les Chroniques de Lucullus n°687

Écrit par Lucullus. Publié dans Les chroniques.

Amis gourmands bonjour,

Les tunnels de la discorde
Encore une histoire de néo-ruraux, la plaie de nos campagnes, l’agribashing dans toute sa splendeur.

Aujourd'hui c'est en Haute-Loire, département agricole s'il en est, que se situe la polémique. Nous sommes à côté d'Yssingeaux, sous-préfecture du département. Les agriculteurs préparent la saison des récoltes à venir et notamment des framboises et des fraises. Pour cela, ils plantent des tunnels couverts, non chauffés, pour protéger leurs plantations des intempéries. Ces tunnels sont ensuite débâchés en fin de saison. Cela fait des décennies que les agriculteurs procèdent de la même façon.

Où est le problème ?
Dans le petit village de Margot des riverains se sont plaints car cela dérangeait leur vue, leur environnement. Des néo-ruraux ont saisi la mairie car les méchants agriculteurs bouleversaient leur environnement champêtre. Pour agir ils ont invoqué un biais, l'absence de permis de construire.
La mairie, a donc décidé de suspendre l'installation des arceaux. Evelyne Bayet, maire d'Yssingeaux est candidate à sa succession. Faut il y voir une manœuvre électorale ? Peut-être pas mais les candidats en lice s'érigent en défenseurs de la ruralité et des produits locaux. Alors que faire ?

Le jeune agriculteur paysagiste en reconversion, vient de rejoindre le GIE des producteurs des Monts du Velay (Saint-Jeures). Il craint de perdre sa saison alors qu'il vient d'investir plusieurs milliers d'euros pour la production de fraises et de groseilles notamment par l'achat de 27.500 plans qui doivent impérativement être implantés avant la fin mars.

Jacques Jouve, également producteur au sein du GIE lui apporte son soutien. Cela depuis 25 ans qu'il produit aussi des fruits rouges et cela sans soucis administratifs.
" Sur le GIE, nous sommes plus de 40 producteurs dans l’Est du département, avec 75 hectares de tunnels froids qui sont débâchés l’hiver. Je ne comprends pas ce qui pose problème. Les gens du coin pourtant connaissent bien ce type de production. Les exploitants, tous autant que nous sommes, n’ont jamais déposé de permis de construire, c’est malheureux d’en arriver là".

Effectivement la mairie prend prétexte de l'absence de permis de construire pour stopper le projet. Il en aurait l'obligation car la superficie dépasse les 2000 m². A cela des représentants de la profession agricole arguent que le Code de l'urbanisme stipule qu'aucune formalité n'est nécessaire pour construire un châssis d'une hauteur inférieure à 1,80 m.

Jacques Jouve continue son argumentation
"Nous avons la chance dans le département d’avoir une coopérative qui marche très bien et qui affiche sa volonté d’installer des jeunes. On érige des tunnels pour traiter le moins possible et se protéger des aléas climatiques. La Haute-Loire est parmi les premiers producteurs de framboises, alors que chaque année en France, on régresse dans le domaine des fruits et légumes".
et d'insister amer :
"À l’avenir, on s’approvisionnera à l’étranger, au moins, il n’y aura plus de problème !" .

Pour le moment le mise en cause espère trouver une solution à l'amiable afin de pouvoir continuer à travailler.
Au final ces néo-ruraux ne savent plus quoi faire pour "enquiquinere les agriculteurs. C'est lamentable, ça me met hors de moi.

Source : L'Eveil / Philippe Suc

Le concours des huiles d'olives
65 % de la production d'huile d'olive française, soit 3.300 tonnes annuelles, provient de la Provence. Il est donc naturel que le 24e Concours régional des huiles d'olive se tienne à Marseille.

Malgré bien des vicissitudes, notamment en raison du changement climatique, l'oléiculture fait preuve de résilience et montre qu'elle est un des piliers économiques de la région. L'oléiculture provençale est chargée d'histoire, c'est un des emblèmes du terroir.

61 moulins issus de toute la région sont venus concourir face à un jury aussi attentif que rigoureux, issu entres autres de l'oléiculture et de la gastronomie. Ce sont 196 huiles d'olive qui ont été soumises à leur verdict. Le palmarès était réparti en 10 catégories. 58 distinctions ont été attribuées, 37 médailles d'or et 21 médailles d'argent.

L'huile d'olive c'est tout un art. Je me souviens qu'habitant près d'Avignon je venais aux marchés qui entourent les remparts pour déguster les productions locales C'était un plaisir ineffable. L'odeur mais surtout le goût de chacune d'entre elles sont représentatifs de leur terroir. Les olives des Baux-de-Provence ne sont pas les mêmes que celles de Brignoles ou de Carpentras. Les différentes variétés que cela soit l'Aglandau, la Salonenque, la Cailletier ou la Tanche, produisent des huiles différentes. Il en est des huiles d'olives comme des vins, elles dépendent des variétés pour les premières, du cépage pour les seconds et des terroirs. Mais surtout l'huile d'olive c'est le travail, l'exigence et le savoir faire des hommes et des femmes qui la façonnent.

L'oléiculture est le résultat d'un temps long. Il faut du temps entre la plantation et la récolte, entre 3 et 7 ans mais l'olivier ne vient à maturité qu'au bout de 10 ans. Il peut produire jusqu'à 150 ans. L'olivier est un arbre qui vieillit bien, il en existe de plus de 2000 ans. Produire une huile d'olive de qualité est un travail acharné. Il faut suivre les plantations, gérer l'irrigation mais après la récolte il faut maîtriser les températures d'extraction, contrôler les qualités organoleptiques du produit, enfin embouteiller et commercialiser la production.

Laurent Belorgey, président de France Olive le dit très bien :
"Ce concours est bien plus qu'une simple remise de prix ; c'est le reflet de la résilience et de la passion qui animent nos oléiculteurs et nos mouliniers. Malgré des contextes climatiques parfois exigeants, la qualité des huiles présentées cette année témoigne d'un savoir-faire technique maîtrisé"

Le premier bassin oléicole de France ne compte pas moins de 6 AOP de Nyons à Nice en passant par les Baux-de-Provence et Aix-en-Provence. L'oléiculture est une filière dynamique faite d'un maillage d'innombrables entités (moulins, coopératives, domaines familiaux). Toutes concourent au rayonnement du terroir provençal. La Région ne s'y trompe pas qui affirme soutenir la profession à hauteur de 300.000 € par an pour moderniser les outils de production, s'adapter aux contraintes hydriques, augmenter les capacités de stockage.

Pour finir, un point sur la production 2025 :
La récolte a été généreuse. Elle fait suite à plusieurs campagnes délicates marquées par des problèmes de sécheresse ayant provoqué du stress thermique néfaste à la maturation des olives. Au printemps la floraison s'est correctement déroulée dans son ensemble ce qui a permis une nouaison satisfaisante. La nouaison est le stade initial de la formation du fruit. Les pluies de l'été ont soutenu le développement des fruits et l'irrigation.

Au final les volumes 2025 sont dans la moyenne haute sans toutefois atteindre des sommets. Tout cela donne je cite : "des profils aromatiques nets, des fruités verts expressifs et une belle fraîcheur, grâce à des récoltes déclenchées au bon stade de maturité et à une maîtrise technique accrue dans les moulins. Sans oublier de beaux équilibres entre amertume et ardence." .
Ardence : Sensation piquante ressentie lors de la dégustation d'une huile d'olive, similaire à celle procurée par le piment ou autres épices (source la langue française).

Sources : Presseagrimed / Emmanuel Delarue, Loulibo, La langue française 

Parlons un peu du fromages
Je suis un grand amateur de fromages. Je ne conçois pas un repas sans fromage. Ce serait une hérésie. On dit qu'un plateau de fromages est composé de 3 variétés au choix. Personnellement en dessous de 5 je suis frustré. Je les adore tous. Pour autant j'ai mes préférences. Je parle, évidement ici, de fromages et pas de spécialités fromagères même si pour certaines on peut y trouver un intérêt. Un vrai bon fromage est au lait cru voir thermisé. Je reconnais toutefois qu'il existe des pasteurisés qui sont bons.

Voici un aperçu de ce que sont les fromages.
Où trouve-t'on du fromage ?
Toutes les régions de France produisent des fromages. Le site dénombre pas moins de 533 fromages au lait cru

Les type de lait :
• Vache
• Chèvre
• Brebis
• Bufflonne

Le traitement du lait :
• Cru
• Pasteurisé
• Thermisé

Les différents familles de fromages :
• Pâte molle à croûte fleurie ou naturelle (Encalat du Larzac, crémeux d'Anjou, Chaource...)
• Pâte molle à croûte lavée (Maroilles, Soumaintrain, Munster, L'Onctueux au lait de bufflonne...)
• Pâte pressée cuite (Comté, Beaufort, Beaumont de Savoie...)
• Pâte pressée non cuite (Bourle Roncquoise, Tome de Bray, Reblochon...)
• Pâte persillée (Roquefort, Bleu d'Avèze, Bleu du Mazet...)
• Fromage frais(Cailladou, Faiselle, Boulette de Cambrai...)
• Fromage de lactosérum (Brocciu, Brousse)
• Fromage fondu (Crème de Maroilles, Cancoillotte, Metton)
• Spécialité fromagère (Petit fourré, Délice du Dolloir...)

Type de production :
• Fromage fermier (fait à la ferme)
• Fromage laitier (fait en laiterie)

Label :
AOP Appellation d'origine protégée
IGP Indication géographique protégée

Il ne vous reste plus qu'à regarder le site et à rechercher les fromages lors de vos pérégrinations estivales ou autres. Et surtout bonne dégustation !

Source : Le guide du fromage

Sur ces quelques mots je vous dis à bientôt
Gastronomiquement Votre, Lucullus

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