Les Chroniques de Lucullus n°626

Publié dans Les chroniques.

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Elles n’iront pas tout de site au pot
Ce n’est pas nouveau mais c’est intéressant. Pour leur éviter l'abattoir l’association Poule a organisé une distribution de poules pondeuses à Saint-Victor-Malescours en Haute-Loire le samedi 14 janvier.

Chaque année en France, 50 millions de poules pondeuses atteignent une limite d’âge après laquelle elles sont considérées comme trop vieilles. Pourtant elles n’ont que 18 mois et sont tout à fait aptes à pondre encore pendant plusieurs années. L’Association Poule explique ne travailler qu’avec des éleveurs bio pour avoir des poules acclimatées au jardin de leurs futurs propriétaires. Les poules sont mises en vente au prix de 4€ l’unité.

Poule est une association qui récupère des poules en Auvergne-Rhône-Alpes afin de les revendre.
Source : L'éveil de Haute-Loire, Poules pour tous

Influenza encore et toujours
Elle est toujours présente et un nouveau foyer a vu le jour à Pamproux dans les Deux-Sèvres. Comme le veut la réglementation un périmètre de surveillance a été mis en place et les animaux ont été abattus. Pour l’instant il n’y a pas d’autre foyer connu. Un foyer avait déjà été recensé à Ménigoutte (Deux-Sèvres) en novembre 2022.

Les mesures d’abattage concernent tous les lieux de détention de volailles et d'oiseaux captifs, soumis à des prescriptions spécifiques : interdiction des mouvements des volailles, sauf sur dérogation, et autocontrôles obligatoires. Les services de l’état considère que le risque de propagation de l'influenza aviaire est élevé sur l'ensemble du territoire depuis le 11 novembre 2022. De nombreuses zones réglementées ont été mises en œuvre. (voir l’article lui même). Les particuliers qui détiennent des oiseaux ont l'obligation de se faire recenser en mairie ou bien sur le site du ministère de l'Agriculture.

Source : Centre presse

Adieu Cantal
Non, le Cantal ne va pas disparaître. Ce sont les appellations d’affinage de l’AOP qui changent. Dorénavant l’affinage se déclinera en mois. Exit l’entre-deux ou le vieux il y aura du 4 mois, 6 mois ou du 1 an.

Par exemple, l’entre-deux allait de 3 à 8 mois ce qui se ressentait dans la dégustation car le produit n’est pas du tout le même à 3 ou à 8 mois. Désormais l’affinage durera un mois de plus à 4 mois ce qui correspond à la date de sortie des tunnels d’affinage comme l’indique Pierre Bernoux, responsable de la filière Cantal AOP. Pendant 4 mois la fourme de Cantal est retournée, frottée 2 fois par semaine.

Pour les producteurs cela veut dire plus de travail, plus de stockage et même si la décision a été difficile à prendre pour la filière, c’est le gage d’une montée en gamme mais aussi une clarification pour les clients.

Source : France3-régions / Laetitia Théodore

Réforme des retraites : quels changements pour les agriculteurs ?
Le projet gouvernemental ne supprime pas le régime agricole mais aura des conséquences sur la retraite des agriculteurs. Le relèvement est progressif à compter du 1er septembre à raison de 3 mois par années de naissance. Ainsi donc il est fixé à 63 ans et 3 mois à la fin 2027 pour attendre 64 ans en 2030

La durée de cotisation pour obtenir un taux plein est de 43 annuités contre 42 actuellement et un calendrier avancé à 2027 au lieu de 2035.

Les agriculteurs ont bien souvent une carrière longue. A cet effet ils bénéficieront des dispositifs prévus au projet de loi : Ceux qui ont commencé avant 16 ans pourront partir dès 58 ans, entre 16 et 18 ans à partir de 60 ans et entre 18 et 20 ans à partir de 62 ans.

Pension minimum à 1200 euros soit 85 % du Smic net est déjà une mesure en vigueur dans le secteur agricole depuis l’adoption des lois Chassaigne de 2020 et 2021. De plus, les exploitants partis à la retraite au titre de l’invalidité ou du handicap y seront désormais éligibles, soit 45.000 retraites supplémentaires qui bénéficieront d’une revalorisation de l’ordre de 1000 euros par an, soulignent les services de la Première ministre.
 
La FNSEA demande des précisions notamment en ce qui concerne les collaborateurs qui touchent actuellement 741 € par mois. Le syndicat demande également que cette mesure bénéficie aussi aux retraités actuels.

La FNSEA demande aussi l’adoption définitive du texte instaurant le calcul sur les seules 25 meilleures années de la carrière des agriculteurs au titre du projet présenté au Sénat prochainement. Cela devrait permettre un gain de 250 à 300 euros par mois, s’est félicité ce matin Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, qui a remercié le député Julien Dive d’avoir porté ce texte.

Source : Réussir /Nathalie Marchand avec Agra

Vins volcaniques
Y aura-t’il un label vin volcanique en 2023 ?

L’association Vinora travaille sur la spécificité des vins volcaniques. En 2022 les études menées sur ce type de vin ont permis d’en dégager un portrait robot. L’association veut maintenant aller plus loin et vise le label "Vin volcanique". L'étude a été menée entre autres par Christian Coelho, maître de conférences à VetagroSup Lempdes, Benoit Marsan, enseignant chercheur en chimie du vin à l’université de Montréal ou encore John Szabo, master Sommelier et journaliste, spécialiste mondial des vins volcaniques.

Cette démarche fait suite au 1er salon Vinora qui a réuni une trentaine de domaines de vins dits volcaniques. Les participants étaient français mais aussi italiens , espagnols et portugais.

Rentrons un peu dans le détail. Le portrait-robot des côtes d’Auvergne rouges issues de cépages Gamay explique que selon l’étude, les vins volcaniques se caractérisent par leurs notes poivrées intenses et leur faible acidité. Les vignes issues de ces terroirs présenteraient également une meilleure résistance à la sécheresse. Des différences notables ont été établies entre les vins issus de sols argilo-calcaires et ceux issus des sols basaltiques.

Vinora, suite à cette étude, a lancé une cartographie des terroirs volcaniques. Son but est de déposer un cahier des charges pour obtenir un label "vin volcanique".

Source : Réussir Vins

Sécuriser la production agricole mondiale
L'Inrae publie un communiqué de presse sur la question, mettant en avant les performances des cultures associées, que je me permets de reproduire intégralement pour ne pas faire du plagia.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE - Face aux besoins alimentaires d’une population mondiale en croissance, sécuriser la production agricole tout en réduisant son empreinte environnementale est indispensable. La diversification des cultures est l’une des solutions agroécologiques pour intensifier durablement l’agriculture. Cependant la combinaison de plusieurs espèces cultivées dans une même parcelle agricole, une pratique traditionnelle largement utilisée dans les pays du Sud, est désormais remise en cause par l’urbanisation et le déplacement de main d’œuvre vers les villes, et reste une pratique peu utilisée dans les pays occidentaux. Devant ce constat, une équipe internationale de scientifiques issus d’INRAE, de l’université Wageningen aux Pays-Bas, de l’université d’Agriculture de Chine à Pékin et de l’université d’Agriculture de Mongolie Intérieure à Hohhot, mettent en exergue, par une analyse de 226 expérimentations agronomiques, l’intérêt objectif des cultures plurispécifiques. Des travaux parus le 3 janvier 2023 dans la revue PNAS.

Dans certains pays du Sud, on constate actuellement un recul des cultures plurispécifiques, c’est-à-dire la culture de plusieurs espèces annuelles en association sur une même parcelle agricole. Par ailleurs, cette pratique a toujours été marginale dans les pays occidentaux, où la culture monospécifique, à savoir la culture d’une seule espèce en même temps dans une parcelle, est la norme.
Une vaste base de données mondiales intégrant 226 expérimentations agronomiques

Afin d’évaluer objectivement l’intérêt des cultures plurispécifiques dans un contexte agricole moderne, l’équipe de chercheurs français, néerlandais et chinois a engagé une analyse approfondie de la performance productive des cultures associées, à partir d’une vaste base de données mondiales incluant les résultats de 226 expérimentations agronomiques. Cela a permis aux scientifiques de comparer les niveaux de productivité de différents types de cultures associées à ceux des cultures monospécifiques.

Après avoir analysé des données sur le rendement en grain, les chercheurs ont utilisé des données sur les calories et les concentrations en protéines dans les grains pour évaluer l’intérêt des cultures associées pour l'alimentation humaine et animale. Ils ont alors pu quantifier les différences entre cultures associées et monospécifiques, puis identifier les combinaisons d'espèces cultivées et les modes de gestion permettant d'obtenir un rendement plus élevé avec des cultures associées qu’en cultures monospécifiques.
Associer des cultures : une productivité égale et souvent supérieure demandant 19 % de terres agricoles en moins

Cette étude montre que la culture simultanée de plusieurs espèces dans une même parcelle agricole permet d'obtenir une quantité de protéines en moyenne similaire, et même souvent supérieure, à celle que produirait l’espèce végétale la plus productive lorsqu’elle est cultivée seule (culture monospécifique).

Elle montre également que l’association de cultures augmente l'efficacité globale de la production, en réduisant les besoins en surfaces de terres cultivées de 19 % pour produire la même quantité de grains que la culture monospécifique des deux espèces de l’association. Bien que la production de grains et de calories soit inférieure de 4 % en moyenne à ce que l'on pourrait obtenir avec la culture monospécifique de l’espèce la plus productive, la production totale de protéines de l’association de cultures est toutefois similaire et même, dans 47 % des cas, supérieure à celle de la culture monospécifique la plus productive, en particulier dans les associations maïs-légumineuses cultivées avec des doses d’engrais modérées.

En réduisant les besoins en surface agricole et en engrais, cette pratique agroécologique pourrait ainsi contribuer à augmenter durablement la production agricole pour répondre aux besoins d'une population mondiale en expansion. Ces données quantitatives peuvent désormais être mises à disposition pour éclairer les futures politiques publiques agricoles à l’échelle mondiale.

Référence : Li C., Stomph T.J., Makowski D. et al. (2023). The productive performance of intercropping. PNAS 120.
DOI : https://doi.org/10.1073/pnas.2201886120

Source : INRAE

Sur ces quelques mots je vous dis à bientôt
Gastronomiquement Votre, Lucullus

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