Les Chroniques de Lucullus n°623

Publié dans Les chroniques.

Amis gourmands bonjour,

Le Nutri-Score, une illusion
On présente le Nutri-Score comme étant un outil permettant de connaître les aliments trop riches en gras en sel ou en sucre.

C’est vrai, mais on doit garder un œil critique et bien savoir ce que l’on achète et réfléchir un minimum. Je prends l’exemple du beurre ou de l’huile, produits gras s’il en est. Ils auront tous deux un très mauvais Nutri-Score. Mais on ne boit pas l’huile au litre. Autre produit questionnant le consommateur, les fromages. Là aussi le Nutri-Score n’est pas bon, les fromages étant des produits fabriqués à partir de lait et donc gras. Là aussi il convient d’avoir deux sous de jugeote dans ses achats.

Venons en maintenant aux produits transformés et ultra-transformés. C’est là que réside l’arnaque. Comment peut-on croire qu’un paquet de pétales de maïs au chocolat puisse obtenir la lettre A au classement Nutri-Score ? Et pourtant c’est vrai. Les Chocapic ont obtenu cette distinction tant désirée par les industriels de l’agroalimentaire. Le comble pourtant ne réside pas dans ces céréales chocolatées. Pour moi, le comble de l’ineptie se trouve dans le Hamburger McDonald’s qui lui aussi est estampillé A. mais, ils ne sont pas les seuls. Aujourd’hui, 80 % des plats cuisinés obtiennent le score A ou B. C’est vrai pour Fleury Michon ou Williams Saurin mais aussi Findus.

Alors comment ont-ils réalisé cette prouesse qui dénature l’idée même du Nutri-Score ? Dans leurs laboratoires ultra-modernes ils ont revisité les recettes. Pour exemple, la société Marie qui se vente de plats à l’ancienne comme chez maman vous masque la pauvreté de ses plats par le score A. Il n’y a que 16,6 % de porc et 3,9 % de veau dans ses paupiettes de veau et leurs légumes. Mes paupiettes lorsque je les cuisine sont 100 % viande. Il y d’autres stratagèmes. La marque Joker qui vente ses jus de fruits supérieurs utilise des fruits pas mûrs pour diminuer la teneur en sucre. Comment font-ils disais-je ? C’est à coup d’additifs qu’ils ont modifié les recettes pour diminuer le sel, les graisses et le sucre. C’est le cas de Danone et son yaourt hyper protéiné Hypro enrichi en arôme, épaississant et édulcorant.

L’industrie milite pour un changement des règles du Nutri-Score mais les experts du comité scientifique en charge du label ont jusqu’à maintenant rejeté toutes les demandes de Pepsico, Unilever,Décathlon, de la fédération de la charcuterie, et de celle des plats cuisinés. Les experts ont même durci les seuils admissibles en sel, graisse et sucre avec effet en 2023. Serge Hercberg qui a présidé au programme national de nutrition santé (PNNS) a même demandé une signalétique noire pour les produits ultra-transformés.

Je ne donnerai que deux recommandations. Lisez les étiquettes en détail. S’il y a beaucoup d’ingrédients fuyez le produit et cuisinez des produits frais.

Source : Challenge.fr (abonné) et Wikipédia

Visa pour des salades spatiales
Intelstar Lab est une start’up française innovante. Elle vient de proposer BioPod, une serre gonflable de 55m² permettant de recréer un biotop favorable à la production de plantes. La bonne idée est de rendre l’ensemble apte à être embarqué dans le cône d’une fusée spatiale. Le but est de permettre la culture de plantes pour de futurs habitants dans une base lunaire.
Source : Challenge.fr (abonné)

Les animaux sauvages font des dégâts sur les exploitations agricoles
C’est un fait, la faune sauvage fait parfois des dégâts sur les exploitations agricoles. C’est même un fléau et le coût induit est énorme pour nos agriculteurs. L’état indemnise en partie les agriculteurs selon l’évaluation qui a été faite des dégâts. A ce titre 40 millions d’euros ont été versés pour les dégâts commis par les sangliers, 20 millions pour les cervidés et 30 millions pour les prédations dues aux loups.

L’évaluation des dégâts n’est pas chose aisée. La chambre d’agriculture de Haute-Vienne met à disposition des agriculteurs une application sur smartphone permettant de géolocaliser les dégâts et d’en préciser le contour. Une suite de pages simples à renseigner permet à l’agriculteur de donner toutes les informations nécessaires.

Tous ces renseignements viendront, je cite, "enrichir une base de données scientifique relative à la pression de la faune sauvage sur les cultures et les élevages". Cette base aidera à la mise en œuvre des différentes mesures nécessaires pour minimiser l’impact des dégâts.

Les différents acteurs que sont les Instituts de recherche, les fédérations départementales de Chasse et les directions départementales des territoires considèrent la mise en œuvre de l’application comme une avancée. Les données récoltées dans un premier temps au niveau des départements seront ensuite centralisées au niveau national afin que la Chambre d’agriculture France puisse les mettre à disposition des instituts de recherche concernés.

Enfin, un simulateur intégré à l’application permet à l’agriculteur de simuler les indemnités dont il pourra bénéficier suite à sa déclaration.

Le site cité en référence montre les différentes pages et les 4 étapes de la déclaration.

Source : Chambre d’agriculture France

Bio, HVE, Zéro résidus de pesticides, on s’y perd
Le marché du Bio s’est rétracté au hauteur de 5 % sur un an. La question se pose nettement, les grandes enseignes se désengageraient-elle du Bio ? C’est ce que disent les représentants de la filière par l’intermédiaire de la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (Fnab), de la Fédération des Organisations Economique100 bio (Forebio) qui regroupe 19 groupements des producteurs ou encore de le Syndicats des Entreprises Bio Agroalimentaires (Synabio) fortes de 230 entreprises. Elles affirment que l’offre a reculé de 7,3 % selon les données du cabinet IRI spécialisé dans les analyses de consommations dans les grandes et moyennes surfaces touchées notamment par l’inflation.

Les organisations redoutent un désengagement des grandes enseignes ce qui provoquerait une dégradation importante des filières bio françaises. C’est un scénario qui a déjà eu lieu en Grande-Bretagne dans les années 2010.

La Fnab, la Forebio et le Synabion mettent en avant la multiplication des labels et le risque de confusion pour le consommateur. Elles mettent en cause le label Haute Valeur Environnementale (HVE) ou encore le Zéro résidus de pesticides qui s’appropriaient les codes du Bio. Elle mettent en avant la différence de rigueur dans les exigences des labels par rapport à celle de la filière Bio.

Afin de prévoir la sortie de crise et le redémarrage des filières bio, les organisations en appellent à l’Agence du Bio et aux interprofessions afin d’être en capacité de répondre à la fin de crise en préservant les filières existantes.

Source : Pleinchamp

Des taxes et encore des taxes
La France championne du monde de la taxe. On s’étonne que notre agriculture aille mal mais là aussi nous taxons beaucoup plus les terres agricoles que nos voisins européens selon une note publiée par la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB). Après on s’étonne, moi pas.

La FRB a comparé la taxation du foncier des différents pays européens et c’est en France que le taux marginal sur l’impôt sur le revenu est le plus élevé, le 2ème en ce qui concerne les droits de mutation à titre gratuit, le 4ème sur les droits de mutation à titre onéreux et le 5ème sur les plus values immobilières. Le tout accompagné d’abattements très lents et d’une durée de taxation plus longue. Et tout cela sur 27 membres de l’Europe. Et certains voudraintt encore augmenter les taxes.

Ajoutez à cela une réglementation sur les loyers pour réduire les coûts d’accès à la terre, des calculs invraisemblables qui sont indépendants du revenu rendant les prix des terres tellement bas que c’est une opportunité pour les étrangers qui rachètent de plus en plus de terres agricoles en France. Une autre conséquence est l’artificialisation des terres qui est plus rapide en France que dans le reste de l’Europe.

Il faut arrêter de taxer les outils de travail et accepter de voir l’ensemble de notre système d’assistance revu à la baisse. Sinon on ne s’en sortira pas. Alors que la demande agricole est forte en France on voit de plus en plus d’importations de denrées.

Le PDF de la Fondation de la biodiversité apporte un éclairage fort sur la question.

Source : Terre-net et Fondation biodiversité

Sur ces quelques mots je vous dis à bientôt
Gastronomiquement Votre, Lucullus

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