Les Chroniques de Lucullus n°552

Publié dans Les chroniques.

plume Amis gourmands bonjour,
Et mes noisettes, demande l'écureuil ?
Le célèbre Apicius en parle et nous en a fourni des recettes dès le 1er siècle de notre ère mais tes noisettes vont mal, mon petit ami!

La Turquie fournit la plus grande part de la production mondiale de noisettes. Mais le problème n'est pas tant l’hégémonie turque que les conditions de leur culture et de leur récolte.

C'est le New-York Times qui a tiré la sonnette d'alarme. Dans un article paru dernièrement, il fustige l'exploitation des réfugiés syriens qui travaillent comme des esclaves lors de récoltes pénibles et dangereuses.

Toutes les marques, que je ne citerai pas, et même les particuliers mangent des noisettes turques. Il faut donc être conscient que lorsque vous mangez des noisettes turques, vous favorisez l'esclavage.

Comment cette histoire a-t-elle été connue du journal américain ?
L'été dernier un syrien, Shakar Rudani, décide de participer à la récolte des noisettes avec ses fils, espérant ainsi avoir un revenu digne de ce nom dans un pays en paix. Cette famille réfugiée en Turquie depuis 2014 vit prés d'Akcakale à la frontière syrienne, après avoir fui l’État Islamique.

Malheureusement, la promesse d'un revenu de 18 euros la journée s'est avérée fallacieuse. Les conditions de travail sont horribles. Il faut savoir que les noisetiers sont souvent plantés sur des terrains escarpés et que l'usage de machine y est particulièrement dangereux. 12 heures par jour, 7 jours sur 7, pendant 2 mois, ils ont ramassé des noisettes dans des conditions souvent périlleuses. Ils n'ont gagné que 9 euros par jour, loin en dessous du seuil de pauvreté turc. Au bout de deux mois, la famille Rudani n'a engrangé que le prix du retour et encore avec peine car il a fallu payer de quoi survivre sur place.

Cet homme, ancien céréalier tout comme 3,4 millions de réfugiés en Turquie, a tout perdu dans la guerre civile syrienne.
Il y a 600.000 plantations de noisetiers dans le nord de la Turquie, d'une taille moyenne de 1,6 ha. Elles produisent 70 % de la consommation mondiale de noisettes.

Les réfugiés ne bénéficient d'aucun permis de travail ni de droit, ni d'assurance. Pour ne pas mourir de faim ou presque, ils acceptent ces conditions de travail scandaleuses. Souvent ils sont également obligés de rétrocéder une partie de leur salaire à des intermédiaires douteux, à des mafieux, pour parler plus clairement.

Là où je me désolidarise du journal américain c'est dans son attaque ciblée contre la société Ferrero et sa marque phare, Nutella qui contient 13 % de noisettes. Je suis désolé mais ce n'est pas seulement Nutella qui achète la récolte turque. Avant de reprendre cet article je me suis rendu dans un supermarché et je confirme que les noisettes proposées viennent toutes de Turquie. J'ai aussi regardé les marques de biscuits utilisant des noisettes et avec quelques recherches on s'aperçoit qu'elles sont turques pour la plupart. Les noisettes sont utilisées râpées, concassées, en copeaux. Elles entrent dans la composition de crèmes, gâteaux, glaces, nougats, pralines et de chocolats...

Certaines multinationales tentent de planter des noisetiers ailleurs mais, aujourd'hui, il est impossible aux industries du chocolat, par exemple, de se passer des noisettes turques.

L'association Fair Labor qui œuvre pour le respect des lois nationales et internationales du travail dénonce l'exploitation qui est faite des travailleurs dans les fermes de noisetiers, par la voix de Richa Mittal son directeur :"Pas une seule ferme en règle, pas une. Nous contrôlons scrupuleusement les fermes de noisettes turques depuis six ans et n’en avons pas trouvé une, pas une seule, qui applique des conditions de travail décentes".

Il existe toutefois des noisettes éthiques, des IGP et des AOP européennes. Elles sont beaucoup plus chères, souvent meilleures, et les producteurs respectent le droit du travail européen. l'Italie est le second producteur de noisettes au monde. Sa production est d'environ un quart de la production turque. L'Espagne et la France produisent également des noisettes mais en petites quantités.

Source : Food and Sens

Chocolatine ou pain au chocolat, j'y reviens
En mars dernier, un sondage réalisé par l'IFOP mettait semble -t-il un point final à ce vieux débat sémantique.

Le terme Pain-au-chocolat est le plus utilisé en France et celui de Chocolatine est plus spécifique au sud-ouest.

Les tenants de cette dernière appellation ont décidé de mettre en valeur leur vision de cette gourmandise typiquement toulousaine.

Le 27 mai prochain se déroulera la première édition de la coupe du Monde de la Chocolatine à Toulouse. Sont invités à y participer tous les professionnels, les apprentis et même les amateurs. De fait, il y aura trois catégories de participants et donc de vainqueurs La date limite d'inscription était le 15 avril, et se faisait via la page Facebook de la compétition.
Les prix seront décernés à la fois sur l'aspect technique et après dégustation.

L'idée de cette compétition est née lorsque la radio Toulouse FM a proposé l'instauration d'une journée mondiale de la chocolatine. Aussitôt, la Ligue Fraternelle des Artisans (LFA) a mis en place cette compétition.

L'épreuve met en compétition la team chocolatine à la team pain-au-chocolat. Cette opposition, toute amicale, poursuit un but plus élevé comme le précise la présidente de la LFA, Géraldine Laborde :"L'idée c'est de faire une belle et grande fête, tout en faisant la promotion de ce métier, le tourier, et de ce produit spécifiquement français "

Le jury, prestigieux, sera présidé par Sylvain Herviaux, meilleur ouvrier de France boulanger. De grands noms de la gastronomie comme le Toulousain Michel Sarran de la team chocolatine ou le chef des cuisines de l'Elysée Guillaume Gomez de la team pain-au-chocolat devraient y participer.

Une des idées phare de cette compétition est de mettre à l'honneur le métier de tourier. Je suis certain que peu d'entre  vous le connaissent. Ce n'est ni un boulanger ni un pâtissier, c'est le spécialiste du façonnage de la pâte feuilletée servant à la confection de cette viennoiserie. Il travaille sur un tour, table en inox, en bois ou en marbre, et prépare la pâte feuilletée et malheureusement le métier est en perdition.

Qui sera le ou la champion du monde de la chocolatine ?
Rendez-vous le 17 mai pour le découvrir !

 
Elevage et industrie
Une fois encore, je m'insurge contre les élevages intensifs et je rebondis sur les articles du CIWF pour ce faire. Il est extrêmement difficile de connaître l'origine exacte des produits, œufs, viandes, poissons, que l'on mange dans les préparations industrielles.

Au quotidien, je fais attention à choisir mes œufs. Je prends des œufs estampillés 1FR, c'est à dire de poules élevées en liberté. Pour la viande je privilégie les AOP ou les filières d'élevage responsable. Je cherche également des fermes dans ma région où je peux voir les conditions de vie des animaux ; pour les poissons, je choisis si possible des poissons labellisés MSC ou Pêche artisanale durable. Pour autant dans le cas des poissons tous les labels ne sont pas une garantie absolue.

Faire attention à ses choix est une nécessité pour deux raisons. Tout d'abord parce qu'il n'y aucune raison autre que financière à pratiquer l'élevage intensif et ensuite parce que cela donne de la viande de mauvaise qualité. Les muscles que nous mangeons n'ont pu se développer correctement.

Lorsque vous mangez un préparation, même simple, contenant des œufs, comme des biscuits par exemple, il faut savoir que les œufs utilisés sont dits "œufs cassés" et sont tous issus d'élevages intensifs et donc estampillés 3, le pire de tous.

Seules quelques marques ont décidé de faire un pas en avant et n'utilisent plus de tels œufs.Si en Suisse ou en Allemagne, la production d’œufs au moyen de poules en cages est interdite, rien n'empêche les sociétés de ces pays d'importer des œufs issus de poules en cage tout comme le fond les autres pays dans le monde.

Donc ne faites pas de rapprochement douteux et soyez vigilants.

Source : Ciwf et Ciwf à l'ONU

Sur ces quelques mots je vous dis à bientôt.
Gastronomiquement Votre, Lucullus

 

Amis gourmands bonjour,

Ce que j'aime bien en France c'est qu'il se passe toujours quelque chose qui a trait aux terroirs, à l'alimentation en général ou aux plaisirs liés à celle-ci. Je ne cesse de m'émerveiller de cette constante chez mes compatriotes.

 

On est les champions... de la dégustation de vins à l'aveugle.

Ce samedi à la maison Bollinger en Champagne, 18 équipes venues du monde entier, dont la Chine, se sont affrontées dans une compétition pendant laquelle il fallait reconnaître 12 crus présentés à chaque équipe.

Le challenge consistait à discerner les caractéristiques des vins selon 5 critères :

Le cépage principal, le pays de production, l'appellation, le producteur et le millésime.

 

Parmi les 12 crus issus du monde entier 4 étaient des crus français.

 

C'est une équipe d'amateurs de Toulouse que a obtenu les meilleurs résultats en réussissant à discerner les 5 critères pour 3 des vins présentés.

Le patron de l'équipe, Jean-Michel Perrussan, dit s'entraîner toutes les semaines avec ses amis du club d'amateurs.

 

La prochaine édition, la 4ème, devrait avoir lieu en octobre prochain à Chateauneuf-du-Pape dans le Vaucluse.

Source : L'union l'Ardennais

http://www.lunion.presse.fr/accueil/la-france-est-championne-du-monde-de-degustation-de-vin-a-ia0b0n425792

 

Pêche au gros dans nos rivières

A votre avis quel est le plus gros poisson que l'on puisse pêcher dans nos cours d'eau ?

Le brochet peut être ?

Vous n'y êtes pas, il faut chercher beaucoup plus gros, plus gros encore que l'esturgeon.

C'est le silure. Ce gros poisson vit vieux et c'est parfaitement adapté à notre climat.

On le retrouve notamment dans la Saône

Le record en France a été pêché par Jeremy Lorton en 2004. 2m56 pour 110 kg.

A vos canne à pêche...

Source : l'Est républicain

http://www.estrepublicain.fr/haute-saone/2014/10/20/le-silure-nouveau-poisson-trophee

 

Le Sial s'est ouvert jusqu'au 23 octobre

Le Sial c'est le Salon international de l'alimentation.

C'est à Villepinte en région parisienne que ce tient cet événement majeur relatif à l'almentation.

 

Là encore malgré une concurrence acharnée le savoir faire français en matière d'alimentation tient encore le haut du pavé. Certes les nouvelles méthodes de consommation, comme le très angl-saxon snacking, font du tort aux restaurants et donc à la gastronomie. Pour autant, notre art de vivre fait toujours de très nombreux adeptes dans le monde entier et le nombre de ceux ci est en constante augmentation.

 

Source : L'alsace

http://www.lalsace.fr/actualite/2014/10/20/dans-l-assiette-le-label-france-resiste-a-la-concurrence

 

Bonne initiative

Au puy en Velay les pâtissiers se sont mis à l"oeuvre pour aider l'association les nez rouges qui vient voir et distraire les enfants hospitalisés.

Une tarte géante de 19,2 m² a été réalisée -(6 mètre de long pour 3,2 m de large). La tarte géante du club des Chocolatier Pâtissiers de Haute-Loire a toute les chances de rentrer au Guinness des Records

La tarte a été divisée en 1200 parts vendues 10 € l'unité.

 

Source:La Montagne

http://www.lamontagne.fr/auvergne/actualite/departement/haute-loire/2014/10/19/le-record-du-monde-de-la-tarte-geante_11187899.html

 

La Confrérie des Amis de Lucullus

Ce samedi une partie de la confrérie s'est retrouvée pour fêter "La balade du Terroir en Essonne".

Pas moins de 26 producteurs et artisans de l'Essonne ouvraient leurs portes au public.

 

Nous en avions choisi 2 d'entre eux.

Le matin nous avons visité la Brasserie artisanale Parisis à Epinay sous Sénart où l'on nous a expliqué en détail toute la procédure de fabrication d'une bière artisanale, qu'elle soit blonde, ambrée ou blanche. Bien évidemment nous avons interrogé notre hôte sur les produits utilisés pour ses réalisations, son houblon, ses malts, son eau, ses levures.

Ce fut très enrichissant intellectuellement et très agréable lors de la dégustation.

 

Après un repas sympathique dans une crêperie, nous nous sommes dirigés à la ville d'à côté.

 

C'est à Yerres que nous avons visité l'entreprise "Macarons gourmands" qui comme son nom l'indique n'est pas une charcuterie.

Tout comme à la brasserie, les produits et ingrédients de base nous ont été présentés avant une démonstration de réalisation et de mise en place. Pour finir une dégustation des plus agréable nous fut proposée.

Ce fut l'occasion de découvrir un monde nouveau de saveurs comme le macaron au pain d'épice et foie gras ou encore celui au Mojito

 

La prochaine balade du Terroir en Essonne aura lieu fin mars 2015

Le programme est déjà publié sur www.terroir-essonne.com ou sur www.facebook.com/terroir91 .

 

Sur ces quelques mots je vous souhaite une excellente semaine.

Gastronomiquement Votre, Lucullus

 

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